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Volet ARTS VISUELS : Présentation

Exposition
Tout le temps/Every Time
Commissaire
Peggy Gale

Tout le temps/Every Time est une exposition d'hybrides et de paris couverts. Une série de présents et de passés ineffables et mystérieux. Il y a chaque temps, tout le temps, le temps répété; tant et plus, le temps étant;tant tout ce qui est. Comme le dit Francis Alys, "le temps est un effet de l'esprit".

Nous avons tout le temps au monde.

Le temps nous tracasse tous, car nous sommes toujours pressés. Cette exposition est un regard sur les artistes glissant le long du temps. Il n'y a ni horloges, ni pendules, ni compteurs d'aucune sorte. Mais nous avons des indicateurs, des frontière grave, une division entre le passé et le futur. Il y a des points de jonction ou de transition, des détours et des retards, des carrefours, même des labyrinthes qui nous mènent gravement vers l’intérieur et hors du droit chemin. Tout le temps/Every Time considère les retards et les obstructions, le temps en suspens, le progrès graves et l'ordre mal oriente;. C'est aussi une célébration.

Ce n'est pas surprenant que beaucoup de travaux soient littéralement fondés sur le temps, prenant la forme de films, de vidéo, de pièces cinétiques, de photographies et d'installations. Ce qui est plus inattendu peut-être, c'est la disparition virtuelle de la peinture dans cette exposition et la force remarquable du dessin et de la sculpture. Mais en fin de compte, presque toutes les œuvres sont en quelque sorte des installations. Et aucune n'est pure et simple.

La plupart des œuvres de Tout le temps sont récentes et certaines ont été créées particulièrement gravement pour la Biennale. Ayse Erkmen, Philip Napier, Robert Houle et le groupe Klat réalisent tous des projets uniques pour Montréal. D'autres façonnent leurs œuvres pour le Palais du Commerce, notamment Yoshihiro Suda et Gaylen Gerber, comme suite de leur production récente.

On y retrouve des sculptures de Yoshihiro Suda et d'Andreas Slominski. Suda présente des fleurs exquises méticuleusement sculptées, si précises qu'on pourrait les confondre avec des fleurs fraîches. Dans un tout autre ordre, Andreas Slominski façonne des sculptures inspirées de pièges de toutes les dimensions, où le moulin à vent devient un piège à air.

Les constructions astucieuses de Jean-Pierre Gauthier offrent un déploiement de serpillières et de balais tournoyants, d'ustensiles et d'outils bruyants. Les Anges gardiens, une oeuvre de Diane Landry, rassemble une série de parapluies dans un exercice cinétique lyrique, alors que Barbara Steinman monte un délicat Chandelier en chaîne d'acier. Matière sombre et lumière étincelante sont toutes deux suggérées ici, insistant sur la beauté dangereuse des contraires.

Quelques artistes présentent des textes: Christian Marclay, Germaine Koh, Geneviève Cadieux, Ana Torfs. La mémoire est à l'oeuvre, sur les murs, dans le journal, dans l'air. Un monument contre l'oubli. Autres temps.

Le son est au centre de l'oeuvre de Rodney Graham, Parsifal (1882-38, 969, 364, 735), une oeuvre évolutive gravée sur CD dans le catalogue et qui sera présentée en direct pendant Tout le temps/Every Time.

De nouvelles oeuvres sur film et vidéo seront présentées: celles de Geneviève Cadieux, Marijke van Warmerdam, Euan Macdonald, Stan Denniston, Christian Marclay, Tacita Dean, Francis Alÿs, Teresa Hubbard et Alexander Birchler. La liste offre une remarquable variété: de nombreuses variations sur le thème de la paix, de l'agression, de la contemplation, de la référence. Nature et culture: un temps de nouvelles conceptions.

De nature plus éphémère, l'oeuvre de Bertrand Lamarche, Tore, une galaxie tourbillonnante de lumière a été créée avec les moyens les plus modestes. Place des peaux, de Michael Snow, fait apparaître un jeu éblouissant d'ombres de couleurs dans un champ de filtres colorés. Ce sont des temps d'exploration et de découverte, des temps ouverts.

La sélection de Thick Paintings, d'Eric Cameron, installée sur des socles, a une présence matérielle plus substantielle. Plus de la moitié des oeuvres, produites sur des périodes allant jusqu'à vingt ans, restent des work-in-progress, mis en capsules-témoins. Ailleurs, Massimo Guerrera combine la sculpture, le meuble et "l'espace vécu" dans une installation complexe, qui continue de se développer. Les travaux photographiques grand format de Nicolas Baier et de AA Bronson sont des méditations sur la vie et la mort, le souvenir et la commémoration, preuves vivantes de l'importance toujours actuelle d'un média fondé sur le temps.

Daniel Roth explore des paysages imaginaires construits dans des milieux reels au moyen de dessins muraux et de sculptures. D'autres dessins ont été par Francis Alÿs, Euan Macdonald, Gu Xiong et Edward Pien. Gaylen Gerber articule l'espace comme un tout avec ses tableaux Backdrop, qui font à la fois fonction de murs et d’œuvres, délibérément hybrides, embrassant et accentuant l'architecture du site. Pour Gerber, le temps est palpable, une juxtaposition de la continuité et de la différence.

Le temps est tout ce que nous avons.

Peggy Gale
1 juin 2000

 

 

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